Sensibilisation et formation à la cybersécurité en entreprise

Sensibilisation et formations
À l’ère du numérique et de la révolution IA, les données circulent à grande vitesse. Par conséquent, les entreprises se trouvent davantage confrontées à des cyberattaques et des cyber menaces de plus en plus sophistiquées.
En 2023, environ 30 % des entreprises hexagonales ont déclaré avoir subi entre une et trois cyberattaques au cours de l’année écoulée, selon un rapport Statista sur le cybercrime dans les sociétés françaises. Et les incidents touchent aussi bien les grandes multinationales que les PME. Or, selon l’ANSSI, la plupart des cyber incidents sont dus à une erreur humaine… D’où l'importance grandissante de la sensibilisation et de la formation de votre personnel à la cybersécurité.
Dans ce contexte, le rôle des dirigeants est primordial. Vous incarnez en effet les garants de la sécurité de votre organisation, non seulement par la mise en place de technologies de protection, mais aussi par l’instauration d’une culture de la cybersécurité. Une telle culture ne se construit pas uniquement par des directives descendantes ; elle nécessite l’engagement et la participation active de tous vos collaborateurs. Il vous appartient donc de créer un environnement où la cybersécurité est une priorité partagée par l’ensemble des employés.
Et là, la distinction entre sensibilisation et formation en cybersécurité est essentielle dans ce processus. La sensibilisation vise à inculquer à vos collaborateurs les réflexes de base et la conscience des risques, tandis que la formation approfondit leurs connaissances pour doter tous vos services des compétences nécessaires à la gestion et à la mitigation des risques. Alors que la sensibilisation peut être vue comme un premier rempart contre les menaces, la formation est la clé pour une réponse efficace face aux incidents de sécurité.
Dans ce contexte la question doit être posée : Comment les entreprises peuvent-elles, à travers des actions de sensibilisation et de formation adaptées, transformer leurs personnels en véritables acteurs de la cybersécurité, capables de prévenir et de réagir face aux cybermenaces de plus en plus complexes ?
Dans ce chapitre, nous explorons de manière approfondie ces deux axes complémentaires afin de vous offrir tous les outils nécessaires pour développer une stratégie de cybersécurité intégrée, efficace et pérenne dans votre entreprise.
Sommaire
- 01Sensibilisez vos employés à la cybersécurité : votre défi de dirigeant pour 2025
- 02Formation vs sensibilisation : comment les combiner efficacement ?
- 03Les étapes clés de la formation de vos employés à la cybersécurité
- 04Les 19 principaux métiers de la cybersécurité
- 05DSI et RSI : quelle différence ?
01 - Sensibilisez vos employés à la cybersécurité : votre défi de dirigeant pour 2025
La sensibilisation de vos employés à la cybersécurité est devenue une priorité absolue pour votre entreprise. Qu'il s'agisse de cliquer sur un lien de phishing, d'ouvrir une pièce jointe malveillante ou d'utiliser un mot de passe faible, ces actions apparemment anodines peuvent avoir des conséquences désastreuses pour les entreprises. Or, toutes les études le prouvent, elles sont en majorité attribuables à un humain.
L’erreur humaine, principale cause des cyberattaques
- Dès 2017, Kaspersky Lab, en collaboration avec B2B International, montrait que 39 % des organisations subissent des cyberattaques directement liées à une utilisation inappropriée des ressources informatiques par leurs employés. Cette enquête soulignait déjà l'importance de la sensibilisation, en confirmant que l'erreur humaine reste un facteur dominant dans les failles de sécurité.
- En 2020, une étude conjointe de l’université de Stanford avec Tessian estimait que neuf incidents de violation de données sur dix (88%) étaient le fait d’erreurs des employés des entreprises victimes.
- Un chiffre indique qu’en 2022, ce chiffre de près de 90% des incidents liés à une erreur humaine était repris dans une tribune des Echos par l’expert cybersécurité et journaliste Allan Kinic.
- En 2023, la proportion de la faille générée par l’humain semble avoir un peu diminué mais demeure relativement élevée. Dans son rapport annuel Data Breach Investigations Report (DBIR), Verizon indique que le facteur humain est toujours à l'origine 68 % des compromissions. Ce rapport met en avant que la majorité des attaques réussies sont le résultat d'une manipulation psychologique des employés, soulignant encore une fois notre vulnérabilité humaine.
Ces chiffres illustrent clairement que la majorité des incidents de sécurité sont évitables avec une sensibilisation des employés adéquate. Investir dans la sensibilisation de vos équipes et dans leur formation continue, non seulement pour les doter des connaissances nécessaires, mais aussi pour transformer leur comportement en matière de cybersécurité, ne doit donc pas être appréhendé comme un coût pour votre entreprise, mais plutôt comme un investissement stratégique. Lorsque cette sensibilisation fait défaut, les conséquences peuvent être dramatiques sur plusieurs fronts. Les exemples sont légion.
Pourquoi sensibiliser vos employés à la cybersécurité est un investissement, pas un coût
D’abord, retenez cette vérité : les cyberattaques coûtent cher !
En 2023, selon une étude Asterès, le coût d’une cyberattaque en France avoisine les 15000 euros, pouvant parfois s'élever à plusieurs centaines de milliers d'euros, voire davantage pour les grandes entreprises. Ces coûts incluent les frais de récupération des données, les pertes de revenus dues à l'interruption des activités, et les éventuelles rançons payées aux cybercriminels. Nous avons analysé ces aspects là en détail dans le chapitre sur les logiciels malveillants.
Une cyberattaque peut aussi sérieusement ternir la réputation d'une entreprise. La perte de données clients, par exemple, entraîne souvent une érosion de la confiance des consommateurs et des partenaires commerciaux. En France, nombre d’entreprises victimes d'une cyberattaque ont signalé une perte de confiance de leurs clients, ce qui peut avoir des répercussions durables sur leur activité.
Enfin, et surtout…, les cyberattaques paralysent le plus souvent les opérations de l'entreprise. Un ransomware qui bloque l'accès aux systèmes critiques peut mettre à l'arrêt la production ou les services, parfois pendant plusieurs jours. Pour certaines entreprises, cela signifie des pertes irréversibles et des perturbations majeures qui affectent l'ensemble de la chaîne de valeur.
Une telle culture renforce la résilience de l'entreprise, améliore sa réputation et, à long terme, protège sa compétitivité sur le marché.

Culture de cybersécurité : d’où vient le concept ?
Le concept de culture de sécurité a émergé dans les secteurs industriels à haut risque, comme l'aéronautique et le nucléaire, où la sécurité physique est cruciale. Au fil du temps, ce concept s'est élargi pour englober la sécurité de l'information et la cybersécurité, surtout avec l'essor du numérique et l'accroissement des cybermenaces.
Dans le domaine de la cybersécurité, une culture de sécurité signifie que chaque employé, du cadre dirigeant au personnel de support, comprend l'importance de la sécurité et s’engage à suivre des pratiques qui protègent l'entreprise contre les menaces cybernétiques.
Huit méthodes pour instaurer une culture de cybersécurité dans votre entreprise
Il n’existe pas à proprement parler de méthodologies “normées" mais plutôt une série de bonnes pratiques ayant été identifiées dans les entreprises et qui ont instauré, avec succès, une culture de cybersécurité.
1 - Un leadership et un engagement de la direction
Les dirigeants font preuve d’un vrai leadership sur le sujet et montrent l'exemple en intégrant la sécurité dans leurs décisions stratégiques et opérationnelles. Pour appuyer le fait que la cybersécurité constitue une priorité stratégique pour eux, ces dirigeants-là allouent des ressources suffisantes pour la formation continue et veillent à ce que la sécurité soit une priorité organisationnelle. Ils communiquent régulièrement sur l'importance de la sécurité et encouragent un environnement où les préoccupations de sécurité peuvent être exprimées librement.
2 - La formation et la sensibilisation continue des équipes
La formation en cybersécurité n'est pas une initiative ponctuelle, mais un processus continu. Des sessions régulières, des simulations de cyberattaques, des tests de phishing internes (par exemple, par le biais de programmes interactifs comme des simulations de phishing et des jeux de rôles), et des mises à jour sur les nouvelles menaces font partie du quotidien.
3 - La personnalisation des formations
Il est essentiel d'adapter les formations aux rôles spécifiques de vos collaborateurs. Les besoins en cybersécurité d'un développeur ne sont pas les mêmes que ceux d'un employé du service financier.
En personnalisant les formations en fonction des responsabilités de chacun, on s'assure que les informations fournies sont pertinentes et immédiatement applicables. Quand cette personnalisation est mise en place, les employés sont tous plus actifs sur le sujet. Ils sont plus conscients de leur rôle individuel dans la sécurité de l’information et se sentent personnellement responsables de la protection des données au sein de leur entreprise.
Cela donne lieu à des attitudes parfois salvatrices : par exemple, un employé va détecter un email de phishing et se sentira concerné par l’enjeu en le transférant directement au service informatique.
4 - L’intégration de la sécurité dans les processus métier
Dans une entreprise avec une culture de sécurité forte, cette dernière est intégrée dès la conception de tout projet ou processus. Que ce soit dans le développement de nouveaux produits, l'adoption de nouvelles technologies, ou dans les relations avec les fournisseurs, les aspects de sécurité sont systématiquement pris en compte. Cela signifie que la sécurité n'est pas une réflexion après coup, mais une exigence de base.
5 - Communications ouvertes et remontées d'incidents
Les employés se sentent encouragés à signaler des incidents de sécurité sans crainte de représailles. Il existe des canaux clairs et efficaces pour la communication des incidents, des erreurs ou des préoccupations liées à la sécurité, qui sont rapidement pris en charge par l’organisation.
Une entreprise désireuse de créer une culture de sécurité doit éviter de blâmer les employés pour les erreurs, et préférer une approche constructive encourageant l'apprentissage et l'amélioration continue.
6 - La culture de l'amélioration et de la communication continue
La cybersécurité doit être intégrée dans la communication interne de l'entreprise. Newsletters, affichage, rappels réguliers sur les meilleures pratiques aident à maintenir la sécurité en tête des préoccupations du personnel. Cela doit également évoquer les mises à jour concernant les nouvelles menaces et les incidents survenus, pour maintenir un niveau de vigilance élevé.
Dans le même ordre d’idée, l’entreprise réalise régulièrement des audits de sécurité, évalue l'efficacité de ses politiques, et s'engage dans une amélioration continue. Les erreurs sont analysées pour en tirer des enseignements, et des mesures correctives sont mises en place pour éviter leur répétition.
7 - La gamification et les récompenses
Utiliser des techniques de gamification dans les formations, comme la récompense des bonnes pratiques de sécurité par des badges ou des points, peut grandement améliorer l'engagement des employés. Cette approche transforme l'apprentissage de la cybersécurité en une expérience positive et motivante, voire ludique, plutôt qu'en une simple obligation.
8 - La mise en place d'une approche participative
Impliquer les employés dans l'élaboration des politiques de sécurité renforce leur adhésion. En les invitant à participer aux discussions et à proposer des idées pour améliorer la cybersécurité, en leur offrant des opportunités de prise de parole et de positionnement en “leader d'opinion”, vous réussissez à créer un sentiment de responsabilité collective parmi vos équipes, qui est le liant d’une culture de sécurité solide.
02 - Formation vs sensibilisation : comment les combiner efficacement ?
Comme évoqué précédemment, puisqu’une grande partie des incidents de sécurité trouvent leur origine dans des erreurs humaines (souvent dues à un manque de connaissance ou à une sensibilisation insuffisante), seule la formation continue à la cybersécurité permet à vos collaborateurs de se familiariser avec les dernières cybers menaces et d'adopter des pratiques de sécurité appropriées.
Avec une politique de formation régulière, non seulement vous maintenez un haut niveau de vigilance parmi votre personnel, mais vous favorisez également une culture de la sécurité au sein de votre entreprise. Une organisation où chaque employé comprend les enjeux de la cybersécurité est mieux préparée à faire face aux menaces et à minimiser les risques.
- La formation en cybersécurité est un processus structuré qui vise à doter les employés de compétences techniques spécifiques pour identifier, prévenir et répondre aux menaces. Elle inclut généralement des modules sur la reconnaissance des tentatives de phishing, la gestion sécurisée des mots de passe, et l'application des politiques de sécurité de l'entreprise. Ces sessions sont souvent interactives, impliquant des simulations et des études de cas réels pour renforcer l'apprentissage.
- La sensibilisation, quant à elle, correspond à une approche plus large (moins centrée sur l’apprentissage des tactiques de protection cyber). Elle entend informer sur l'importance de la cybersécurité et les conséquences potentielles d'un manquement à la sécurité. Elle peut prendre la forme de campagnes internes, d'affichage, ou de courtes sessions d'information qui rappellent régulièrement aux employés les bonnes pratiques à adopter. En sensibilisant vos équipes, vous maintenez la sécurité à l'esprit de chaque employé dans ses activités quotidiennes.
Pour maximiser l'efficacité de la cybersécurité au sein de l'entreprise, il est essentiel de combiner formation et sensibilisation. La formation fournit les compétences techniques nécessaires, tandis que la sensibilisation assure qu’elles soient appliquées de manière cohérente dans toutes les situations.
Autrement dit, la formation enseigne le "comment" faire, tandis que la sensibilisation rappelle "pourquoi" c'est important.
Cette combinaison crée une culture de la sécurité complète où chaque employé se sent responsable de la protection des informations sensibles de l'entreprise.
03 - Les étapes clés de la formation de vos employés à la cybersécurité
Disposer des bons outils, des technologies les plus récentes, déployer un plan de cyber sécurité sont certes d’excellentes pratiques face à la menace. Mais rien de tout cela ne saurait pleinement protéger votre entreprise si votre personnel n’est pas, lui aussi, très au fait des dangers et des risques.
C’est pourquoi la formation des salariés est un pilier déterminant d’une stratégie de cybersécurité efficace. Pour y parvenir, assurez-vous que chacun des membres de vos équipes soit conscient des risques et sache comment réagir face aux menaces cybernétiques.
Or, former les salariés à la cybersécurité nécessite un engagement continu, une adaptation aux nouveaux défis, et la mise en place de parcours de formation en cybersécurité personnalisés, afin de répondre aux besoins spécifiques de chaque rôle au sein de l'entreprise.
En optant pour des formats adaptés, en personnalisant les parcours de formation selon les responsabilités, et en encourageant l'obtention de certifications reconnues, votre entreprise peut transformer ses employés en véritables défenseurs de la cybersécurité, réduisant ainsi considérablement les risques liés aux erreurs humaines.
Trois étapes clés sont essentielles pour mettre en place une formation en cybersécurité efficace, qui non seulement protège votre entreprise, mais aussi renforce sa résilience face aux cybermenaces.

1 - Choisissez les bons formats de formation
La première étape consiste à sélectionner les formats les mieux adaptés à votre organisation et aux besoins spécifiques de chaque service. Il existe plusieurs formats de formation, chacun ayant ses avantages :
La formation en ligne (e-learning) :
Les plateformes d'e-learning permettent au personnel de suivre des modules de formation à distance et à son rythme ; l’idéal pour les grandes entreprises et/ou avec des équipes dispersées géographiquement. Elles permettent souvent des simulations interactives et se terminent par des évaluations pour vérifier les connaissances acquises.
Les ateliers cybersécurité en présentiel :
Ces sessions sont particulièrement efficaces pour les formations plus approfondies qui nécessitent une interaction directe avec le formateur. Les employés peuvent ainsi poser des questions, participer à des discussions sur des scénarios spécifiques à l'entreprise et conserver des contacts avec des experts en cybersécurité pour la suite.
Les simulations de scénarios réels :
L’idée ici est d’organiser des exercices concrets, comme des simulations de phishing ou des tests d'intrusion. Les employés mettent alors en pratique ce qu'ils ont appris et leur capacité à réagir correctement face à une attaque réelle s’en trouve renforcée.
La gamification (ou ludification) de la cybersécurité :
Cela consiste à intégrer des éléments de jeu dans des contextes qui ne sont pas ludiques… comme la formation en cybersécurité. L’idée est de rendre l’apprentissage plus motivant, interactif et mémorable pour les employés.
Dans le secteur de la cybersécurité, la gamification a fait ses preuves et se révèle très efficace. En effet, en transformant l’apprentissage en un jeu, la gamification de la cybersécurité permet non seulement d’améliorer la rétention des connaissances mais aussi de créer une culture de sécurité plus solide et proactive au sein de votre entreprise.
La gamification en formation emprunte des éléments aux jeux vidéo, tels que récompenses et points pour motiver les participants, défis et missions basés sur des scénarios réels de cybersécurité, classements et compétitions encourageant l'amélioration continue, et une narration immersive qui plonge les employés dans des histoires où ils jouent un rôle actif. Cela renforce leur engagement et leur apprentissage.
Parmi les exemples “connus” de gamification pour former des employés à la cybersécurité, on trouve par exemple :
- Les Cyber Escape Games dans lesquels les participants résolvent des énigmes pour s'échapper d'une pièce virtuelle, renforçant ainsi la collaboration et la réflexion critique. Collock fonctionne sur la base d’histoires vraies, ou Sectricity sur la sécurité mobile, déployable dans votre entreprise, en sont deux exemples appréciés.
- Les simulations de phishing qui impliquent l'envoi d'emails factices pour tester la vigilance des employés, avec des récompenses pour ceux qui détectent l'attaque. Par exemple, Phish.io propose des modules pilotés par IA de simulation d’attaques.
- Les plateformes de formation gamifiées comme Kaspersky Automated Security Awareness Platform ou Sosafe offrent des modules interactifs où les employés accumulent des points en apprenant divers aspects de la cybersécurité par exemple.
2 - Personnalisez vos parcours de formation
Pour que la formation à la cybersécurité de vos équipes fonctionne bien, personnalisez les parcours de formation en fonction des rôles, des niveaux de responsabilité et des compétences de chacun. Vous pouvez structurer ces parcours via :
- L’évaluation initiale des compétences : Avant de débuter la formation, évaluez le niveau de connaissances de chaque employé. Cela permet de concevoir un programme de formation répondant aux besoins spécifiques de chacun, et évitant une perte de temps sur des sujets déjà maîtrisés par certains.
- La formation de base pour tout le personnel : Elle comprend une compréhension générale des concepts de base en cybersécurité, comme la gestion des mots de passe, la reconnaissance des tentatives de phishing, et les bonnes pratiques de navigation sur Internet.
- La formation plus poussée pour les services spécialisés : Les équipes ayant des responsabilités plus techniques ou celles travaillant avec des données sensibles (telles l’IT, le DSI ou RSI, les ressources humaines ou la finance) nécessitent des formations plus avancées, évoquant la gestion des incidents de sécurité, la réponse aux cyberattaques ou l’utilisation de logiciels de sécurité spécifiques.
- La formation continue et l’actualisation : La cybersécurité est un domaine en constante évolution. Il est donc crucial de mettre à jour régulièrement les connaissances de vos employés par le biais de formations continues, de rappels de sensibilisation, et d’ateliers sur les nouvelles menaces et les meilleures pratiques.

3 - Les certifications cybersécurité recommandées
Obtenir des certifications en cybersécurité représente une étape cruciale pour les personnes ayant des responsabilités clés en matière de sécurité, car cela valide leurs compétences et assure une conformité aux standards de sécurité internationaux.
04 - Les 19 principaux métiers de la cybersécurité
La cybersécurité regroupe une diversité de métiers avec des responsabilités spécifiques pour assurer la protection des infrastructures numériques. Ces fonctions couvrent un large spectre, allant de la gestion stratégique à l'opérationnel, et exigent des compétences variées, allant de la gestion des risques à l'analyse technique. Voici un panorama des métiers les plus significatifs dans ce domaine.
1 - Ingénieur en cybercriminalité
Il joue un rôle clé dans la lutte contre les menaces criminelles sur le web. Ce spécialiste analyse les cyberattaques, conçoit des stratégies pour les prévenir et aide à poursuivre les cybercriminels.
Son métier nécessite une expertise approfondie en sécurité informatique, ainsi qu'une bonne connaissance des techniques utilisées par les hackers.
L’analyse des cyberattaques (détecter et analyser les comportements suspects et les attaques en temps réel), l’investigation numérique (récolter et analyser des preuves numériques dans le cadre d’enquêtes) et le développement de solutions de protection (créer et mettre en place des systèmes de sécurité adaptés pour prévenir les attaques) figurent parmi ses principales responsabilités.
Un ingénieur en cybercriminalité peut être impliqué dans une enquête après une intrusion dans un système bancaire, où il devra identifier l'origine de l'attaque et proposer des mesures pour éviter qu'elle ne se reproduise.
2 - Responsable de la sécurité des systèmes d'information (RSSI ou RSI)
Le RSSI est le garant de la sécurité globale des systèmes d'information d'une organisation. Un poste stratégique qui nécessite une compréhension approfondie des enjeux de sécurité et des compétences en gestion de projet et en communication.
Parmi ses responsabilités clés figurent la définition de la politique de sécurité (qui consiste à élaborer et mettre en œuvre la stratégie de sécurité informatique), la gestion des incidents de sécurité, la sensibilisation et la formation des employés de l’entreprise aux bonnes pratiques.
Lors d'une attaque par ransomware, le RSSI doit rapidement mobiliser les équipes pour isoler la menace, informer la direction et initier les processus de reprise d'activité.
3 - Directeur des systèmes d'information (DSI)
Il occupe une position de leadership, supervisant non seulement la sécurité, mais aussi l'ensemble des technologies de l'information dans l'entreprise. Il doit s'assurer que l'infrastructure informatique soutient efficacement les objectifs stratégiques de l'organisation.
Le DSI a trois grands types de responsabilités :
- La conception puis l’exécution de la stratégie IT (ie la stratégie numérique) de l’entreprise.
- La capacité à identifier, atténuer puis gérer les risques technologiques, y compris ceux liés à la cybersécurité.
- La capacité à gérer et superviser les équipes techniques, notamment celles en charge de la cybersécurité de l’entreprise.
Un DSI doit gérer la mise en conformité de l’entreprise avec les nouvelles réglementations telles que le RGPD, en collaboration avec le RSSI.

4 - Analyste SOC (ou Security Operations Center)
Au cœur des opérations de cybersécurité, il surveille en permanence les systèmes pour détecter les incidents de sécurité. Sa fonction nécessite une vigilance constante et une capacité à réagir rapidement aux menaces.
L’analyste SOC doit surveiller en temps réel les systèmes informatiques pour identifier les menaces potentielles ; réagir immédiatement aux alertes et coordonner les premières mesures de sécurité (appelées dans le jargon de la cyber “la réponse” aux incidents de sécurité) ; et enfin, conduire des analyses approfondies après un incident (appelées “analyses posts-incidents”) pour comprendre son origine et prévenir des incidents similaires à l’avenir.
Lors d'une attaque DDoS (Distributed Denial of Service), l'analyste SOC identifie rapidement l'anomalie et active les protocoles de défense pour maintenir la disponibilité des services critiques.
5 - Testeur d'intrusion (ou Pentester)
Il est chargé de simuler des attaques sur les systèmes informatiques pour identifier et corriger les vulnérabilités et tester la robustesse des infrastructures avant qu'elles ne soient exploitées par des cybercriminels.
Ce professionnel utilise des techniques de hacking éthique pour évaluer la sécurité des réseaux, des applications et des systèmes. Il doit évidemment aussi fournir des recommandations pour corriger les failles découvertes.
Le pentester réalise typiquement une série de tests d'intrusion sur un réseau d'entreprise pour en identifier les points faibles, et propose des améliorations afin de renforcer la sécurité avant une mise en production.
6 - Consultant en cybersécurité
Le consultant en cybersécurité conseille les entreprises sur les meilleures pratiques à adopter en matière de sécurité informatique.
Il effectue des audits de sécurité, identifie les failles potentielles, et propose des solutions pour améliorer leur protection contre les cybermenaces. Ce métier nécessite une connaissance approfondie des normes de sécurité et des réglementations en vigueur.
Le consultant en cybersécurité est chargé de réaliser un audit complet de la sécurité d'une entreprise, d’identifier les vulnérabilités critiques, puis de recommander et superviser la mise en œuvre de nouvelles mesures de sécurité pour renforcer la résilience de l'entreprise.
7 - Architecte sécurité
Il est responsable de la conception et de l'intégration des solutions de sécurité au sein de l'infrastructure IT d'une entreprise.
Il élabore des stratégies pour anticiper les menaces potentielles et s'assure que tous les composants technologiques respectent les normes de sécurité.
Il travaille à la mise en place d'une architecture sécurisée, adaptée aux besoins spécifiques de l'organisation, en s'assurant que tous les éléments technologiques sont protégés contre les menaces.
L'architecte sécurité peut être missionné pour concevoir une architecture sécurisée pour un nouveau réseau d'entreprise, incluant des pare-feu, des systèmes de détection d'intrusion, et des protocoles de chiffrement pour protéger les données sensibles.
8 - Cryptologue
Un cryptologue développe des algorithmes de chiffrement pour sécuriser les communications et les données, analyse la robustesse des systèmes cryptographiques existants pour identifier d'éventuelles failles, et conçoit des protocoles sécurisés pour protéger contre les attaques.
Ce métier est essentiel dans le développement de systèmes sécurisés, notamment pour les transactions en ligne, les communications sécurisées, et la protection des données personnelles.
Une mission typique d’un cryptologue serait de créer un nouvel algorithme de chiffrement pour une application bancaire afin de garantir que les transactions en ligne sont inviolables.
9 - Data Protection Officer (DPO)
Le DPO, ou délégué à la protection des données, veille au respect des exigences du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) au sein de l’entreprise.
Il s'assure que l'entreprise respecte les réglementations en matière de protection des données, conseille sur les meilleures pratiques pour gérer et sécuriser les informations personnelles, et gère les relations avec les autorités de régulation en cas de violation de données.
Le Data Protection Officer peut être chargé de superviser la mise en conformité d'une entreprise avec le RGPD, en évaluant les processus internes et en formant les employés aux nouvelles obligations légales.
10 - Responsable de la continuité d'activité
Ce professionnel est chargé de garantir la résilience de l'entreprise en cas d'incident majeur (cyberattaque, catastrophe naturelle, etc.).
Il coordonne les actions pour minimiser les interruptions lors d'incidents majeurs et élabore puis met en œuvre des plans de reprise d'activité pour assurer la continuité des opérations.
Le responsable de la continuité d’activité va mettre en place un plan de reprise après sinistre pour garantir que les opérations critiques puissent redémarrer rapidement après une cyberattaque.
11 - Analyste en intelligence des menaces (ou Threat Intelligence Analyst)
Il collecte et analyse des informations sur les cybermenaces émergentes, il analyse ces données pour identifier les risques spécifiques à l'organisation, et fournit des recommandations pour anticiper et prévenir les attaques.
Il fournit également des rapports sur les tendances actuelles en matière de cybercriminalité, permettant aux entreprises d'anticiper les attaques potentielles et d'ajuster leurs stratégies de sécurité en conséquence.
Une mission typique de l’analyste en intelligence des menaces pourrait consister à surveiller les forums du dark web pour détecter des discussions sur de potentielles attaques ciblant l'entreprise, et d'alerter les équipes de sécurité pour qu'elles prennent des mesures préventives.
12 - Ingénieur sécurité réseau
Il est spécialisé dans la protection des réseaux informatiques. Il conçoit, implémente, et maintient des solutions de sécurité réseau (pare-feu, systèmes de détection d'intrusion, VPN, etc.) pour prévenir les accès non autorisés et assurer la sécurité des communications.
Il surveille les activités réseau pour détecter des anomalies ou des tentatives d'intrusion, et configure les dispositifs de sécurité tels que pare-feu et VPN.
L’ingénieur de sécurité réseau peut avoir pour mission de sécuriser un nouveau segment de réseau, en configurant des pare-feu et en établissant des règles d'accès strictes pour prévenir les attaques.
13 - Spécialiste en sécurité Cloud
Avec l'adoption croissante de services sur Cloud, ce spécialiste est chargé de protéger les données et les applications hébergées dans les environnements Cloud des entreprises.
Il conçoit et met en œuvre des mesures de sécurité adaptées aux spécificités du Cloud, surveille en continu les systèmes pour détecter les menaces, et s'assure que l'infrastructure Cloud est conforme aux normes de sécurité.
Le spécialiste en sécurité Cloud doit sécuriser une migration vers le Cloud en configurant des contrôles d'accès stricts, en chiffrant les données sensibles, et en mettant en place des outils de surveillance pour prévenir toute tentative d'intrusion.
14 - Analyste forensique (ou Forensic Analyst)
Il enquête sur les incidents de sécurité informatique pour identifier les causes et les responsables des cyberattaques. Il reconstitue les actions des cyber attaquants pour comprendre comment la cyberattaque s’est produite et recueille des preuves numériques qui peuvent être utilisées dans le cadre de poursuites judiciaires.
Il rédige des rapports détaillés pour documenter ses conclusions et recommande des mesures de sécurité pour éviter de futurs incidents. Il aide à renforcer les systèmes pour prévenir de futures attaques.
Un analyste forensique analyse les traces laissées sur un serveur compromis, pour identifier l'origine d'une fuite de données et fournir les preuves nécessaires au soutien d’une action en justice contre les cybercriminels impliqués.
15 - Responsable de la conformité (ou Compliance Officer)
Il veille à ce que l'entreprise respecte les réglementations et les normes en matière de cybersécurité. Il assure également que les pratiques de sécurité soient conformes aux exigences légales et industrielles.
Il met en place des politiques internes pour garantir cette conformité et forme les employés aux règles à suivre. Il surveille également les activités de l'entreprise pour détecter et corriger tout manquement potentiel.
Un responsable de la conformité audite les pratiques de l'entreprise en matière de protection des données, pour s'assurer qu'elles sont conformes au RGPD, puis il met en place des mesures correctives si des écarts sont identifiés.
16 - Développeur sécurité
Il travaille à l'intégration de la sécurité dès les premières étapes du développement logiciel (ce qui est aussi qualifié d’approche 'Security by Design'). Il s'assure que les applications sont conçues pour résister aux attaques, en suivant les meilleures pratiques de sécurité logicielle.
Parmi ses principales responsabilités, le développeur sécurité est chargé d'intégrer des pratiques de sécurité tout au long du cycle de développement logiciel. De même, il doit identifier et corriger les vulnérabilités dans les applications, et collaborer étroitement avec les équipes de développement pour garantir que les meilleures pratiques de sécurité sont suivies dès la conception.
Le développeur sécurité revoit le code d'une application web pour y détecter des failles potentielles, comme des injections SQL, puis il développe des correctifs pour renforcer la sécurité avant le déploiement.
17 - Chef de projet cybersécurité
Il gère la mise en œuvre de projets de sécurité au sein de l'entreprise. Il coordonne les équipes, gère les budgets, et veille à ce que les objectifs de sécurité soient atteints dans les délais impartis.
Sa responsabilité inclut la planification, la coordination et la gestion des projets de sécurité informatique au sein de l'entreprise. Il doit s'assurer que les mises en place sont efficaces, et s’inscrivent dans les délais et budgets impartis. Il coordonne les équipes techniques, gère les ressources, et veille à ce que les objectifs de sécurité soient atteints, tout en respectant les normes et réglementations en vigueur.
Une mission typique d’un chef de projet cybersécurité pourrait consister à piloter la mise en œuvre d'un nouveau système de gestion des accès, depuis la définition des besoins jusqu'à la formation des utilisateurs, en passant par le déploiement technique et les tests de sécurité.
18 - Auditeur de sécurité
Il réalise des audits de conformité et de sécurité pour évaluer l'efficacité des mesures de protection mises en place par l'entreprise. Il identifie les faiblesses et recommande des améliorations pour renforcer la sécurité des systèmes.
Parmi ses principales responsabilités, l’auditeur en sécurité va analyser les infrastructures et les politiques de sécurité pour identifier les vulnérabilités et les non-conformités ; il va vérifier que les systèmes d’information respectent les normes, les règlements et les bonnes pratiques en vigueur. Enfin, il va fournir des recommandations claires pour remédier aux failles de sécurité identifiées.
L’auditeur de sécurité va réaliser un audit de conformité au RGPD pour s’assurer que l’entreprise respecte bien les exigences du règlement européen, notamment sur la protection des données personnelles, et il proposera des mesures correctives pour combler les écarts identifiés.
19 - Formateur en cybersécurité
Il éduque les employés sur les pratiques de sécurité, et les sensibilise aux menaces informatiques. Il conçoit et dispense des programmes de formation pour améliorer la culture de sécurité au sein de l'organisation.
Parmi ses principales responsabilités figurent d’abord la conception et le développement des programmes de formation ; ensuite la dispense de ces formations (et la sensibilisation à la cybersécurité). Enfin c’est à lui que revient la responsabilité d’évaluer l’efficacité des formations (à travers des tests, des simulations, des retours d’expérience), l’analyse des résultats obtenus pour, le cas échéant, identifier les points faibles et ajuster les programmes de formation en conséquence) et de l’amélioration continue des connaissances.
Le formateur en cybersécurité a pour mission de former les employés à identifier et à se protéger contre les tentatives de phishing rapportés au sein de l’entreprise, en particulier dans un contexte de télétravail où les interactions sont principalement numériques.
Les métiers de la cybersécurité couvrent un large éventail de responsabilités, de l'opérationnel à la stratégie. Chaque métier nécessite des compétences spécifiques, qu'il s'agisse de techniques d'investigation numérique ou de gestion stratégique des risques. Avec l'augmentation des cybermenaces, ces métiers deviennent de plus en plus essentiels pour la survie et la croissance des entreprises.
Le succès de la cybersécurité repose sur la collaboration entre différents acteurs, du DSI à l’analyste SOC, pour garantir une protection robuste des systèmes d'information. Investir dans ces compétences et dans la formation continue est crucial pour maintenir une posture de sécurité efficace dans un environnement numérique en constante évolution.
04 - DSI et RSI : quelle différence ?
Le DSI, ou directeur des Systèmes d'information, est la personne chargée de l'ensemble des technologies et des systèmes informatiques d'une entreprise. Son rôle principal consiste à s'assurer que tout fonctionne bien, que les outils technologiques soutiennent les objectifs de l'entreprise, et que les systèmes soient performants et évoluent en fonction des besoins.
En résumé, le DSI s'occupe de tout ce qui touche à l'informatique pour que l'entreprise tourne correctement, de la gestion des infrastructures au choix des logiciels.
Voir le chapitre dédié au DSI
Le RSI ou RSSI, pour responsable de la sécurité de l'information ou des systèmes d’information, quant à lui, est focalisé sur la protection des données et des systèmes contre les menaces et les attaques informatiques. Son travail consiste à mettre en place des politiques de sécurité, à surveiller les risques, et à réagir en cas de problème.
Là où le DSI s'assure que les systèmes informatiques fonctionnent bien, le RSI veille à ce qu'ils soient protégés contre les cyberattaques.
Le DSI et le RSI sont deux fonctions clés dans l’entreprise soucieuse de sa cybersécurité. Beaucoup de pans de leurs missions sont communes et dans les faits, ils travaillent très souvent ensemble. Pour autant, ils ont des objectifs différents : l'un (le DSI) pour faire en sorte que tout marche, l'autre (le RSI) pour que tout soit sécurisé !

Consultez les chapitres du guide de la cybersécurité en entreprise

Un guide complet vous propose un aperçu des meilleures pratiques pour protéger votre entreprise.

Les types de cyberattaques d’entreprises les plus courants et comment s'en prémunir

Créer une culture de sécurité, assurant ainsi la protection des actifs numériques et la résilience face aux cyberattaques.

Le guide exhaustif des meilleures pratiques en matière de prévention des cyberattaques

Une vue d'ensemble des technologies et solutions de sécurité essentielles pour protéger les entreprises.

Le rôle, les missions, les compétences, les types d'entreprises dans lesquelles un DSI peut opérer

Les défis de la cybersécurité en entreprise dans la santé, l’industrie et la finance

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