ParticuliersNous contacterAssistanceEspace Client

SFR Business - marque de SFR

Contactez-nous MENU

    Me faire rappeler Nous écrire 0 805 70 24 54

    Service &
    appel gratuits

    Les défis de la cybersécurité en entreprise dans la santé, l’industrie et la finance

    Guide Cybersecurité - défis et enjeux de la cybersécurité dans les secteurs et industries spécifiques

    Les défis et enjeux de la cybersécurité dans les secteurs et industries spécifiques

    Suivant Introduction Logiciels malveillants Gouvernance et gestion des risques Prévention et bonnes pratiques Solutions de sécurité Sensibilisation et formations Cybersécurité et DSI Secteurs et industries spécifiques Impacts économiques et stratégiques Cybersécurité et IA Cybersécurité et cloud Cybersécurité et IoT Réglementation Tendances émergentes Précédent

    La digitalisation des milieux professionnels transforme en profondeur les modèles économiques, et la cybersécurité est devenue un enjeu stratégique pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité. Les cyberattaques se multiplient, devenant toujours plus sophistiquées et ciblées, et mettant en péril les données sensibles des entreprises, leur réputation et leur pérennité.

    Face à cette menace grandissante, les organisations doivent mettre en œuvre des mesures de sécurité robustes pour protéger leurs systèmes d'information et garantir la continuité de leurs activités.

    Si la cybersécurité concerne tous les secteurs, certains d'entre eux présentent des spécificités qui les rendent particulièrement vulnérables aux cyberattaques.

    C'est notamment le cas des secteurs de l'industrie, de la santé et de la finance. Ces secteurs, en raison de la nature critique de leurs données et de leurs activités, sont des cibles privilégiées pour les cybercriminels. En effet, le vol de données industrielles peut entraîner des pertes de production très importantes, la compromission de données de santé peut avoir des conséquences dramatiques pour les patients, et le vol d'informations financières peut mettre en péril la stabilité des marchés.

    Dans ce chapitre, nous traitons des enjeux de la cybersécurité dans ces trois secteurs clés, en analysant les menaces spécifiques auxquelles ils sont confrontés et les meilleures pratiques à adopter pour se protéger.

    Sommaire

    01 - Quels sont les enjeux de la cybersécurité à l’ère de l’industrie 4.0 ?


    Que faut-il entendre par “cybersécurité industrielle" ? Le terme englobe bien sûr l'ensemble des pratiques, technologies et processus visant à protéger les systèmes industriels, les réseaux et les données des environnements d’une entreprise industrielle, comme une chaîne de production par exemple, contre les cybermenaces. Mais avec l'avènement de l'industrie 4.0, caractérisée par l'interconnexion croissante des systèmes et l'utilisation massive de données, la cybersécurité industrielle engage d’autres aspects fondamentaux.


    La transformation numérique des usines, l'adoption d’outils connectés fait écho à la cybersécurité de l'Internet des Objets (IoT), et l'intégration du Cloud computing a considérablement élargi la surface d'attaque des infrastructures industrielles.

    Les chiffres témoignent de l'urgence de la situation : selon une étude de Kaspersky sur les systèmes de contrôle industriels (ICS), déjà en 2022, on totalisait 91% d’organisations industrielles ayant rencontré un problème de cybersécurité au moins une fois dans l’année, et 32% des entreprises avaient subi 20 attaques ou plus. Le secteur industriel est passé du 8e secteur le plus ciblé en 2019 au 2e en 2021, et la tendance est loin d’être à la baisse depuis lors.

    Ces statistiques alarmantes soulignent la nécessité pour les acteurs industriels de placer la cybersécurité au cœur de leurs priorités stratégiques, afin de protéger leurs actifs critiques et assurer la continuité de leurs opérations.

    enjeux de la cybersécurité à l’ère de l’industrie 4.0

    Les défis de la cybersécurité dans l'industrie moderne

    Une convergence IT/OT sans précédent

    La transformation numérique de l'industrie a entraîné une convergence entre les technologies de l'information (IT) et les technologies opérationnelles (OT). Traditionnellement séparés, ces deux domaines s'entremêlent désormais, créant de nouvelles opportunités et de nouveaux défis en matière de cybersécurité.

    L'IT englobe les systèmes informatiques classiques utilisés pour le traitement et la gestion des données (ordinateurs, serveurs, réseaux), tandis que l'OT concerne les systèmes de contrôle industriels qui surveillent et pilotent les processus physiques (automates, capteurs, actionneurs).

    En faisant converger IT et OT, les systèmes industriels affichent une meilleure efficacité opérationnelle. Toutefois, cela les expose également à des vulnérabilités auparavant limitées au monde IT.

    L'entrée en jeu des systèmes SCADA

    Dans ce contexte, les systèmes SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition) jouent un rôle central. Ces systèmes de supervision et d'acquisition de données en temps réel sont au cœur de nombreuses infrastructures industrielles, gérant des processus critiques dans des secteurs tels que l'énergie, l'eau, ou la fabrication. Aussi, la sécurisation des SCADA est-elle devenue un enjeu majeur de la cybersécurité industrielle.

    Ces systèmes, conçus initialement pour l'efficacité et la fiabilité plutôt que pour la sécurité, présentent souvent des vulnérabilités spécifiques : protocoles de communication non sécurisés, mises à jour difficiles, et parfois même, absence d'authentification. De plus, leur connexion croissante à Internet et aux réseaux d'entreprise les expose à des menaces externes.

    Dans le cadre de l'Industrie 4.0, la protection des SCADA devient donc critique.

    Une compromission de ces systèmes induit le plus souvent des conséquences graves, allant de l'arrêt de la production à des accidents industriels majeurs. Les entreprises doivent donc adopter une approche holistique de la cybersécurité, intégrant les spécificités des environnements OT et SCADA dans leur stratégie globale de cybersécurité.



    L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) propose une formation intitulée 'Secure Scada' pour maîtriser et prévenir les risques de cybersécurité en milieu industriel.



    Une surface d'attaque qui s’étend

    L'industrie 4.0 s'accompagne d'une multiplication des objets connectés industriels (IIoT). Capteurs, actionneurs et autres dispositifs intelligents sont massivement déployés dans les usines, offrant une granularité sans précédent dans le contrôle et l'optimisation des processus. Un certain lot d’inconvénients accompagne toutefois ce haut niveau d’innovation, car chaque nouveau dispositif connecté représente un nouveau point d'entrée potentielle pour les cyberattaquants.

    Par ailleurs, l'adoption croissante du Cloud Computing et des technologies sans fil dans l'industrie élargit considérablement la surface d'attaque. Les données et les processus industriels ne sont plus confinés dans les murs de l'usine, mais transitent et sont stockés dans des environnements Cloud, souvent partagés. Cette situation exige une vigilance accrue et des mesures de sécurité adaptées à ces nouvelles architectures distribuées.

    La persistance des systèmes obsolètes

    Un défi majeur de la cybersécurité industrielle réside dans la longévité des équipements industriels.

    Contrairement aux environnements IT où le renouvellement du matériel est fréquent, les systèmes industriels ont souvent des cycles de vie de plusieurs décennies. Ce qui conduit à la persistance de systèmes conçus à une époque où la cybersécurité n'était pas une préoccupation majeure, et qui souffrent d’obsolescence.

    La mise à jour et la maintenance de ces systèmes vieillissants posent des problèmes considérables. Les correctifs de sécurité pour certains équipements anciens n’existent plus, ou leur application nécessite des arrêts de production coûteux. Surtout, ces systèmes utilisent souvent des protocoles propriétaires ou dépassés, difficiles à sécuriser selon les standards actuels.

    De fait, les industries doivent trouver un équilibre entre modernisation et sécurisation de l'existant, en mettant souvent en place des mesures de sécurité compensatoires, telles que la segmentation renforcée des réseaux ou l'utilisation de pare-feux industriels spécialisés, afin de protéger les systèmes ne peuvent être mis à jour ou remplacés dans l'immédiat.

    Les 3 principales menaces cybernétiques pour l'industrie

    Les ransomwares et leur très fort impact

    Les ransomwares, ou rançongiciels, sont devenus l'une des menaces les plus redoutables pour le secteur industriel. Ces logiciels malveillants chiffrent les données de l'entreprise, et exigent une rançon pour leur restitution.


    L'attaque contre Colonial Pipeline en 2021 illustre parfaitement cette menace, quand le plus grand oléoduc des États-Unis avait été contraint d'arrêter ses opérations pendant plusieurs jours, provoquant une pénurie de carburant. La société a dû payer une rançon de 4,4 millions de dollars pour récupérer ses données.


    L'impact de telles attaques va bien au-delà des pertes financières directes. Les arrêts de production peuvent coûter des millions par jour, non seulement aux entreprises mais aussi aux États les hébergeant. Et les dommages à long terme entachent bien souvent la réputation de l'entreprise et la confiance de ses clients.

    La taille de l’entreprise n’est pas un gage de protection supplémentaire. Aucune entreprise industrielle n’est à l’abri d’une cyberattaque, quelle que soit sa dimension et/ou le volume de son chiffre d’affaires.


    Peut-être vous souvenez-vous de l'attaque contre Saint-Gobain, menée par le groupe de hackers ukrainien NotPetya en 2018, ayant coûté au Groupe 220 millions de chiffre d’affaires, avec, parmi d’autres, des répercussions sur les systèmes de commandes de ses filiales comme PointP. Il a fallu 10 jours au Groupe pour que toute l’activité retrouve son rythme habituel. Claude Imauven, DGA, avait déclaré alors qu’il y aurait un avant et un après cyberattaque.


    L’espionnage industriel

    Le vol de propriété intellectuelle et de secrets industriels constitue une menace croissante dans un monde où la compétitivité repose souvent sur l'innovation. Les cybercriminels, souvent soutenus par des États, ciblent les plans de nouveaux produits, les procédés de fabrication uniques ou les stratégies commerciales confidentielles.


    En 2021, un contrôle douanier chez Ommic, fabricant français de semi-conducteurs, éveille des soupçons d’espionnage industriel. Mais c’est à l’été 2023 que le dirigeant sera traduit en justice dans le cadre d’une enquête le soupçonnant d’avoir livré des secrets industriels à la Russie et à la Chine. Il risque jusqu’à 15 ans de prison et une amende très importante.


    Ce type d'espionnage peut anéantir des années de recherche et développement, éroder l'avantage concurrentiel d'une entreprise et, dans certains cas, menacer sa survie même.

    Le cyber sabotage devient une arme de cyberguerre

    Le site du gouvernement français définit le sabotage informatique comme 'le fait de rendre inopérant une partie ou l’entièreté d’un système d’information d’une organisation via une cyberattaque.' Et cette manipulation malveillante des systèmes de contrôle industriels représente peut-être la menace la plus inquiétante parmi toutes les cyber attaques.

    En quoi consiste t-elle ? Des attaquants prennent le contrôle de systèmes critiques pour perturber les opérations, causer des dommages matériels, ou même mettre en danger la vie des travailleurs et des populations environnantes. Toutefois, rares sont les cas rendus publics.


    Le groupe Triton, créé en 2014, a mis au point un malware conçu précisément pour saboter des équipements industriels. En 2017, une usine pétrochimique saoudienne a failli en être victime ; une explosion étant prévue. Le malware visait spécifiquement les systèmes de sécurité, cherchant à désactiver les mécanismes de protection contre les incidents critiques. Si l'attaque avait réussi, elle aurait pu provoquer une catastrophe industrielle majeure.


    Les conséquences d'une attaque réussie vont bien au-delà des pertes financières, mettant en jeu la sécurité publique et l'intégrité des infrastructures critiques, impliquant parfois des États.



    Aussi, face à ces risques aux enjeux importants, les industriels doivent-ils adopter une approche proactive et globale de la cybersécurité, intégrant les meilleures pratiques et technologies de protection.

    Cyber-sabotage

    'Ce qui nous inquiète le plus aujourd’hui, c’est le sabotage étatique sur des infrastructures critiques'

    Vincent Strubel, directeur général de l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, dans le Monde Informatique

    Quelle stratégie adopter pour renforcer la cybersécurité industrielle ?


    La cybersécurité dans l'industrie moderne nécessite donc une approche multidimensionnelle, prenant en compte la convergence IT/OT, la sécurisation des systèmes SCADA, l'expansion de la surface d'attaque due à l'IIoT et au Cloud, ainsi que la gestion des systèmes obsolètes. Seule une stratégie globale et adaptative permettra aux industries de respecter ces bonnes pratiques et de tirer pleinement parti des opportunités offertes par l'Industrie 4.0. Regardons de plus près tous les éléments qui contribuent à réduire les risques concernant les systèmes d’information industriels.


    La gouvernance consolidée de l’entreprise industrielle

    La mise en place d'une cybersécurité efficace dans l'industrie commence par une gouvernance solide. Il est incontournable de définir une politique de cybersécurité adaptée aux spécificités du secteur industriel, prenant en compte les contraintes opérationnelles et les risques spécifiques.

    Cette politique doit être soutenue au plus haut niveau de l'entreprise, et communiquée clairement à tous les employés. Et la collaboration étroite entre les équipes IT et OT en constitue un élément clé. Historiquement séparées, ces équipes doivent aujourd'hui travailler main dans la main pour assurer une sécurité cohérente sur l'ensemble des systèmes. La création d'équipes mixtes, des formations croisées, et des processus de communication bien définis illustrent cette stratégie commune devenue indispensable.

    Quelle stratégie adopter pour renforcer la cybersécurité industrielle

    Des infrastructures sécurisées

    La segmentation des réseaux est une pratique essentielle pour limiter la propagation d'éventuelles attaques. En séparant les réseaux IT et OT, et en créant des zones de sécurité distinctes au sein de chaque réseau, on peut contenir une intrusion et protéger les systèmes critiques.

    Installer des systèmes de détection et de prévention des intrusions (IDS/IPS) spécifiquement adaptés aux environnements industriels est également crucial. Ces systèmes doivent être capables de comprendre les protocoles industriels et de détecter les comportements anormaux dans les flux de données OT.

    Une bonne gestion des accès et des identités

    Le principe du moindre privilège est l’un des moyens de sécurité les plus efficaces en cybersécurité industrielle. Chaque utilisateur ou système n’a exclusivement accès qu'aux ressources strictement nécessaires à l'exécution de ses tâches. Cela limite considérablement les dégâts potentiels en cas de compromission d'un compte.

    Une authentification forte, combinant plusieurs facteurs (comme un mot de passe et un token physique), doit être mise en place pour tous les accès critiques. Selon le guide de Ping Identity rapporte que seulement 45% des organisations utilisent une vérification d’identité 2FA (à deux facteurs d’authentification) ou MFA (multifacteur).

    Enfin, un contrôle d'accès granulaire permet de définir précisément qui peut accéder à quoi, quand et comment, offrant une maîtrise fine de la sécurité.

    La protection des données de l’entreprise industrielle

    En opérant un chiffrement de leurs données sensibles, qu'elles soient au repos ou en transit, les entreprises protègent mieux les secrets industriels et les informations critiques. Cela s'applique non seulement aux données stockées sur les serveurs, mais aussi à celles échangées entre les différents systèmes et capteurs.

    Des sauvegardes régulières et sécurisées s’avèrent indispensables pour assurer la continuité des opérations en cas d'incident. Ces sauvegardes doivent être stockées de manière sécurisée, idéalement hors site, et testées régulièrement pour s'assurer de leur intégrité et de leur capacité à être restaurées rapidement.

    Une surveillance constante des risques combinée à une réponse aux incidents préparée

    La mise en place d'un Security Operations Center (SOC) industriel permet une surveillance continue des systèmes et une détection précoce des menaces. Ce SOC doit être capable de comprendre et d'analyser les données spécifiques aux environnements industriels, en plus des menaces IT classiques.

    L’entreprise industrielle doit aussi prévoir l'élaboration de plans de continuité d'activité et de reprise après sinistre. La mise à jour régulière de ces plans et des procédures de test pour les éprouver et s'assurer de leur efficacité en cas de crise réelle sont des conditions sine qua non. Ainsi les tests doivent couvrir divers scénarios, de la panne mineure à l'attaque majeure, en définissant clairement les rôles, les responsabilités et les procédures à suivre.


    Le guide Cyberattaques et remédiation : piloter la remédiation, publié par l’Anssi, vous aidera à y voir plus clair dans votre stratégie.

    Quelles solutions technologiques pour la cybersécurité industrielle ?

    Pour faire face aux défis spécifiques de la cybersécurité industrielle, de nouvelles solutions technologiques ont émergé, conçues pour répondre aux besoins uniques des environnements OT.

    Les solutions de sécurité OT spécialisées

    Les firewalls industriels constituent une première ligne de défense déterminante. Contrairement aux firewalls IT classiques, ils sont conçus pour comprendre et filtrer les protocoles industriels spécifiques, offrant une protection adaptée aux flux de données OT.
    Les systèmes de détection d'anomalies basés sur l'intelligence artificielle représentent en outre une avancée majeure. Capables d'apprendre le comportement normal des systèmes industriels, ils peuvent détecter rapidement toute déviation suspecte, même face à des menaces inconnues ou sophistiquées.

    Des plateformes de gestion unifiée IT/OT

    Ces plateformes offrent une visibilité centralisée sur l'ensemble des actifs IT et OT, permettant une gestion cohérente de la sécurité. Elles facilitent l'inventaire des équipements, la détection des vulnérabilités et la gestion des correctifs, un défi particulier dans les environnements industriels où les mises à jour peuvent être complexes.

    Un Cloud industriel bien sécurisé

    Avec l'adoption croissante du Cloud dans l'industrie, des services de sécurité managés spécialisés se développent. Ils offrent une expertise pointue en sécurité industrielle, adaptée aux contraintes spécifiques du secteur. Le chiffrement et le contrôle d'accès pour les environnements hybrides (on-premise et Cloud) sont essentiels. Des solutions avancées permettent de gérer de manière unifiée la sécurité des données et des accès, quel que soit l'endroit où se trouvent les ressources.
    Ces technologies, en constante évolution, offrent aux industriels les outils nécessaires pour sécuriser leurs infrastructures face aux menaces émergentes, tout en s'adaptant aux spécificités de leurs environnements opérationnels.

    Quelles solutions technologiques pour la cybersécurité industrielle

    Quel rôle jouent les opérateurs télécom dans la cybersécurité industrielle ?

    Les opérateurs télécom ont un rôle pilier dans la cybersécurité de l'Industrie 4.0, notamment parce qu'ils fournissent l'infrastructure de communication essentielle sur laquelle repose la transformation numérique industrielle.

    Sans réseaux sécurisés, fiables et performants, les entreprises industrielles ne peuvent pas garantir l'intégrité et la confidentialité de leurs données industrielles.

    C’est la raison pour laquelle un opérateur télécom sérieux propose nécessairement :

    • Des solutions de connectivité sécurisée adaptées aux besoins spécifiques de l'industrie. Le SD-WAN (Software-Defined Wide Area Network) permet une gestion flexible et sécurisée des réseaux étendus. N’hésitez pas à consulter l’offre SFR Business SD-Wan-SD-Net
    • De la 5G. La 5G privée offre en effet une connectivité ultra-rapide et sécurisée pour les environnements industriels critiques. Chez SFR Business, on vous explique plus en détails pourquoi les industriels doivent s’intéresser à la 5G.
    • Des services de sécurité managés et spécialisés pour l’industrie. Ces services incluent la surveillance continue des menaces, la gestion des incidents et l'accompagnement dans la mise en conformité réglementaire, soulageant ainsi les industriels d'une partie de la charge opérationnelle liée à la cybersécurité.
    Quel rôle jouent les opérateurs télécom dans la cybersécurité industrielle

    Rappel concernant la réglementation et les normes de cybersécurité industrielle


    La directive NIS 2, adoptée par l'Union européenne, renforce les exigences de cybersécurité pour les secteurs critiques, dont l'industrie.


    SFR Business explique dans cet article comment et pourquoi se préparer à NIS 2.



    La norme IEC 62443, référence internationale, fournit un cadre complet pour la sécurité des systèmes d'automatisation et de contrôle industriels. Se conformer à ces réglementations et normes est indispensable pour améliorer la résilience cyber des entreprises industrielles, assurant ainsi leur pérennité face aux menaces croissantes.

    La cybersécurité est devenue un pilier incontournable de l'industrie moderne, conditionnant sa performance et sa résilience. Face à des menaces en constante évolution, une approche globale et évolutive de la sécurité est indispensable afin de bien faire face aux risques inhérents à des modes opératoires spécifiques des milieux industriels. Les opérateurs télécoms, par leur expertise et leurs solutions innovantes, jouent un rôle clé dans l'accompagnement des industriels vers une transformation numérique sécurisée, contribuant ainsi à bâtir une industrie 4.0 robuste et fiable.

    02 - La cybersécurité de la santé, un enjeu majeur pour protéger les données et les patients

    La digitalisation du secteur de la santé connaît une accélération sans précédent, transformant profondément les pratiques médicales et la gestion des établissements de soins. Du dossier patient informatisé à la télémédecine, en passant par les objets connectés et l'intelligence artificielle, le numérique s'impose comme un levier majeur d'amélioration des soins et de l'efficacité opérationnelle.

    Cependant, cette évolution s'accompagne d'une augmentation alarmante des cyberattaques visant les acteurs de la santé. Selon l’agence du numérique en santé, on estime d’ailleurs que le secteur de la santé est le 3e secteur le plus menacé par les cyberattaques.

    En 2023, le secteur a connu une recrudescence d'incidents, avec des conséquences parfois dramatiques sur la continuité des soins et la confidentialité des données patients. Selon Le Quotidien du médecin, en 2023, 422 établissements de santé et du secteur médico-social ont vécu au moins un incident de cybersécurité. Et la France figure en première place des pays d’Europe les plus concernés par la cybersécurité en santé, avec 43 incidents majeurs, totalisés entre 2021 et 2022 (contre seulement 9 au Royaume-Uni).

    Pour faire face à ces menaces, la cybersécurité dans la santé revêt des enjeux spécifiques, allant au-delà de la simple protection des systèmes d'information. Elle doit concilier l'impératif de sécurité avec les besoins d'accès rapide aux données pour les soignants, tout en garantissant la confiance des patients dans un domaine où la confidentialité est primordiale.

    Dans ce contexte, comprendre et maîtriser les défis de la cybersécurité en matière de santé est devenu une priorité absolue pour tous les acteurs du secteur.

    Les trois enjeux majeurs de la cybersécurité de la santé

    1 - La protection des données de santé sensibles

    Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) définit les données de santé comme des informations particulièrement sensibles, englobant tout élément relatif à l'état de santé physique ou mentale, passé, présent ou futur, d'une personne. Cette définition large inclut les antécédents médicaux, les résultats d'examens, les traitements prescrits, mais aussi les informations déduites de l'utilisation d'applications de santé ou de dispositifs médicaux connectés.

    Pour les cybercriminels, ces données représentent une manne inestimable. Leur valeur sur le dark web peut atteindre 350 euros par dossier médical ; soit bien au-delà de celle des données bancaires. Cette attractivité s'explique par la richesse des informations contenues, permettant des utilisations frauduleuses multiples : usurpation d'identité, chantage, fraude à l'assurance, ou revente à des acteurs malveillants.

    Une fuite de données médicales induit des conséquences dévastatrices pour les patients. Au-delà de l'atteinte à la vie privée, elle peut entraîner des discriminations, notamment dans l'accès à l'emploi ou aux assurances, voire des préjudices psychologiques importants.

    Dans ce contexte, la cybersécurité dans l’industrie de la santé est une question d’intérêt général.

    enjeux majeurs de la cybersécurité de la santé

    2 - La continuité des soins et la sécurité des patients

    Les cyberattaques peuvent gravement perturber le fonctionnement des établissements de santé, jusqu’à mettre en péril la continuité des soins.

    Un hôpital victime d'un ransomware se retrouve la plupart du temps dans l'incapacité d'accéder aux dossiers patients, de réaliser des examens ou d'administrer correctement les traitements. Cette situation demande alors de reporter des interventions, voire de rediriger les patients des urgences vers d'autres structures, avec des risques évidents pour leur santé.


    Les exemples récents d’établissements hospitaliers hackés ne manquent pas :


    3 - La confiance des patients et la réputation des établissements

    La confidentialité est le socle de la relation de confiance entre le médecin et son patient. Une cyberattaque compromettant cette confidentialité peut avoir des répercussions durables sur la confiance des patients envers l'établissement de santé, voire envers le système de santé dans son ensemble.

    Ainsi, les conséquences d'une cyberattaque d’un établissement de santé peuvent être dramatiques aussi sur son image. Au-delà même des sanctions financières potentielles (jusqu'à 4% du chiffre d'affaires mondial selon le RGPD), c'est toute la réputation de l'établissement qui est en jeu. Les conséquences sont alors une baisse de fréquentation de l’établissement, des difficultés de recrutement, et même un impact sur les financements futurs.

    Le secteur de la santé se numérise de plus en plus, et sa cybersécurité constitue aujourd'hui un élément central de la qualité des soins et de la pérennité des établissements de santé.

    Quelles sont les spécificités de la cybersécurité dans la santé ?

    Il en existe principalement trois : un écosystème IT complexe, des contraintes opérationnelles fortes, et un personnel peu sensibilisé à la cybersécurité. Ces spécificités de la cybersécurité dans le secteur de la santé représentent un véritable enjeu pour ne pas dire un défi conséquent.



    pécificités de la cybersécurité dans la santé

    Un écosystème IT complexe et hétérogène, cible favorite des hackers

    Le secteur de la santé se distingue avant tout par la complexité et l'hétérogénéité de son écosystème IT.
    Les établissements de santé doivent gérer une multitude de systèmes et d'équipements médicaux connectés, allant des scanners IRM aux pompes à perfusion intelligentes, en passant par les moniteurs cardiaques et les systèmes de gestion administrative. Cette diversité technologique ajoute une grosse brique à la construction de la cybersécurité santé, car chaque appareil représente une potentielle faille de sécurité.

    L'interconnexion croissante des systèmes amplifie cette complexité. La télémédecine, les échanges de données entre établissements, et l'intégration de dispositifs médicaux connectés créent un réseau vaste et intriqué, multipliant les points d'entrée potentiels pour les cyber attaquants. Cette interconnexion, bien que bénéfique à la qualité des soins, élargit considérablement la surface d'attaque.


    En juillet 2024, le groupe Doctolib a vécu une situation inédite en étant victime d’une cyberattaque utilisant probablement des outils d’IA, mais qui a pu être limitée, comme en atteste la déclaration de la plateforme de rendez-vous médicaux.


    Enfin, la mise à jour des équipements médicaux ajoute aux difficultés. Contrairement aux systèmes IT classiques, de nombreux dispositifs médicaux ont des cycles de vie très longs et des processus de certification stricts. Cela rend difficile, voire impossible, l'application rapide de correctifs de sécurité, laissant certains équipements vulnérables pendant de longues périodes.

    Des contraintes opérationnelles fortes

    Les établissements de santé font face à des contraintes opérationnelles uniques, qui compliquent la mise en œuvre des mesures de cybersécurité courantes.

    La nécessité d'assurer une continuité des soins 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, limite considérablement les opportunités de maintenance et de mise à jour des systèmes. Il est souvent impossible d'interrompre complètement ces systèmes pour effectuer des opérations de sécurité, car cela pourrait mettre en danger la vie des patients.

    Par ailleurs, les professionnels de santé ont besoin d’accéder rapidement et constamment aux données des patients. Dans le milieu médical, on doit disposer instantanément d’informations vitales, ce qui peut entrer en conflit avec certaines mesures de sécurité restrictives.

    Trouver l'équilibre entre sécurité et accessibilité est un défi constant pour les responsables IT du secteur de la santé.

    Un personnel souvent peu sensibilisé à la cybersécurité

    Il est vrai que, dans le domaine de la santé, la priorité absolue est naturellement donnée aux soins des patients plutôt qu'à la sécurité informatique. Mais cette focalisation, compréhensible, peut conduire à une sous-estimation des risques cyber par le personnel soignant.

    Le manque de formation aux enjeux de cybersécurité est souvent flagrant. En effet, les professionnels de santé ne sont pas toujours conscients des menaces potentielles liées à leurs actions quotidiennes sur les systèmes informatiques.

    Cette faille de sensibilisation augmente considérablement les risques liés aux erreurs humaines. Des actions apparemment anodines, comme l'utilisation d'un mot de passe faible, l'ouverture d'une pièce jointe suspecte, ou le partage d'informations sensibles sur des canaux non sécurisés, peuvent avoir des conséquences désastreuses exploitées par les cybercriminels.

    Pourquoi le DSI a un rôle si stratégique dans le secteur de la santé ?

    Les DSI du secteur de la santé gèrent des données sensibles et sont censés assurer la conformité aux réglementations comme le RGPD. Ce sont aussi eux qui doivent garantir que les systèmes de santé sont sécurisés, disponibles, et performants. La gestion des risques et la protection des données des patients sont des priorités absolues.

    La protection des dossiers patients informatisés (DPI) au cœur du système

    Les Dossiers Patients Informatisés (DPI) sont la colonne vertébrale du système d'information en santé, centralisant l'ensemble des données sensibles des patients.

    Cette centralisation, bien qu'essentielle pour une prise en charge efficace, concentre les risques en matière de sécurité. Les DPI contiennent une mine d'informations précieuses : antécédents médicaux, résultats d'examens, traitements en cours, qui, si elles tombaient entre de mauvaises mains, pourraient avoir des conséquences graves pour les patients.

    De plus, les professionnels de santé, surtout les soignants, ont en permanence besoin d'accéder à ces données, ce qui n’est pas sans ajouter une couche de complexité.

    La capacité à consulter et mettre à jour ces informations à tout moment, y compris dans des situations d'urgence, ne s'accommode pas de mesures de sécurité trop restrictives. De la même manière, l'échange croissant de données entre établissements, nécessaire pour assurer la continuité des soins, élargit encore davantage la surface d'exposition des DPI.

    De fait, chaque transfert de données représente un risque potentiel de fuite ou d'interception.

    protection des dossiers patients informatisés (DPI)

    Quelles mesures de cybersécurité mettre en place dans le domaine de la santé ?


    Face à ces enjeux, plusieurs mesures de sécurité s'imposent :


    • D’abord, le chiffrement des données est primordial, aussi bien pour les données au repos que pour celles en transit. Il garantit que, même en cas d'accès non autorisé, les informations restent illisibles.
    • Ensuite, une gestion fine des droits d'accès est essentielle. Elle doit permettre d'accorder des permissions précises selon le rôle de chaque utilisateur, limitant l'accès aux seules informations nécessaires à leur fonction.
    • La traçabilité des accès et des actions est également incontournable. Chaque consultation, modification ou transfert de données doit être enregistrée, permettant de détecter rapidement toute activité suspecte.
    • Enfin (et surtout), des sauvegardes sécurisées et régulières sont indispensables pour garantir la disponibilité des données en cas d'incident, tout en assurant leur intégrité et leur confidentialité.

    L'interopérabilité sécurisée, un pilier dans la cybersécurité des établissements de santé

    L'interopérabilité sécurisée des DPI constitue un enjeu majeur pour le partage efficace et sûr des données entre établissements, car elle permet d'assurer la continuité des soins tout en préservant la confidentialité des informations patients.

    Pour ce faire, l'établissement de santé doit adopter certains standards, normes et réglementations qui encadrent cette interopérabilité :



    Ces cadres normatifs définissent non seulement les formats d'échange de données, mais également les protocoles de sécurité associés.

    L'utilisation de ces normes permet de garantir que les données échangées sont compréhensibles par les différents systèmes en étant protégées tout au long de leur transmission. Cela facilite à la fois la collaboration entre établissements et le maintien d’un haut niveau de sécurité, essentiel dans le domaine médical.

    4 bonnes pratiques de cybersécurité pour le secteur de la santé

    1 - Mettre en place une gouvernance adaptée

    Pour renforcer la cybersécurité dans le secteur de la santé, la première chose à faire est de mettre en place une gouvernance adaptée. Cela commence par la nomination d'un Responsable de la Sécurité des Systèmes d'Information (RSSI) dédié, qui aura déjà acquis une expertise spécifique des enjeux de cybersécurité dans le secteur de la santé, et qui supervisera l'ensemble de la stratégie de cybersécurité de l'établissement.

    Pour mettre en œuvre cette gouvernance, il faut définir une politique de sécurité spécifique, alignée sur les besoins et les contraintes propres à l'établissement de santé. Cette politique est destinée à couvrir tous les aspects de la sécurité informatique, de la protection des données patients à la gestion des accès, en passant par la sécurité des dispositifs médicaux connectés.

    Enfin, la réalisation d'analyses de risques régulières (au moins une fois par an) est indispensable. Ces évaluations servent à identifier les vulnérabilités potentielles et adapter en conséquence les mesures de sécurité.




    2 - Sécuriser l'infrastructure technique

    Il existe trois principaux moyens pour un établissement de santé de sécuriser son infrastructure technique :


    • Soit le cloisonnement des réseaux, soit leur segmentation. La segmentation des réseaux permet en effet d'isoler les systèmes critiques (comme les DPI ou les équipements médicaux) des réseaux moins sécurisés, limitant ainsi la propagation potentielle d'une attaque.
    • Une mise à jour régulière desdits systèmes. Elle doit concerner non seulement les ordinateurs et serveurs, mais aussi les dispositifs médicaux connectés, en coordination avec les fabricants.
    • Un déploiement de solutions de détection et de réponse aux incidents.

    Ces trois pratiques permettent d'identifier rapidement les comportements suspects et de réagir promptement en cas d'attaque.




    3 - Former et sensibiliser le personnel

    Comme évoqué dans les chapitres précédents, l’une des meilleures mesures de cybersécurité est l’instauration au sein de l’entreprise ou de l’établissement de santé d'une culture de la cybersécurité. Or, cette dernière n’est rendue possible que par la sensibilisation et la formation continue de l'ensemble du personnel, des soignants aux équipes administratives.

    Parmi les mesures indispensables pour développer cette culture de la sécurité, deux sont essentielles :


    • des formations régulières couvrant les bonnes pratiques de base (gestion des mots de passe, identification des emails suspects) et les enjeux spécifiques liés à la manipulation des données de santé
    • la mise en place de procédures claires de gestion des incidents pour que chaque membre du personnel sache comment réagir face à une suspicion de cyberattaque.



    4 - Se préparer aux crises cyber

    Les actions et les documents composant une stratégie de cybersécurité dans le domaine de la santé sont les mêmes que dans une entreprise non spécialisée :


    • Le plan de continuité d'activité détaillé qui doit prévoir comment maintenir les services essentiels en cas de cyberattaque majeure.
    • La réalisation régulière d'exercices de simulation d'attaques pour tester l'efficacité de ce plan.
    • L’identification des points d'amélioration. Ces exercices doivent impliquer toutes les parties prenantes, y compris la direction.
    • L’élaboration de procédures de communication de crise, pour permettre, en cas d’incident, une communication rapide et transparente avec les patients, le personnel, les autorités et le public.

    Pour répondre à l'augmentation de la cybermenace, la puissance publique réagit et mobilise des financements pour rattraper et pérenniser le niveau cyber des établissements avec le programme CaRE (Cybersécurité accélération et Résilience des Établissements), objectif prioritaire de la feuille de route du numérique en santé. Cette initiative témoigne de la volonté des autorités de fournir aux établissements de santé les moyens nécessaires pour faire face aux défis de la cybersécurité.

    Ce programme marque un tournant décisif dans l'approche de la cybersécurité dans le secteur de la santé en France. Il offre l'opportunité de renforcer significativement la résilience du système de santé face aux menaces cyber, tout en préservant l'innovation et l'efficacité apportées par le numérique.

    L'avenir de la santé numérique en France dépendra largement de la réussite de ces initiatives et de la capacité du secteur à s'adapter continuellement à un paysage de menaces en constante évolution.

    répondre à l'augmentation de la cybermenace,

    03 - Cybersécurité financière ou comment protéger bien plus que les transactions ?

    Les banques, les assurances et autres institutions financières apparaissent aussi comme des cibles de choix pour les cybercriminels en raison de la sensibilité et de la valeur des données qu'elles détiennent. La protection des informations clients, la sécurisation des transactions et le maintien de la confiance font désormais partie des priorités absolues pour les acteurs de la finance.

    À l’ère du tout-numérique, le secteur financier fait face à des enjeux spécifiques en matière de cybersécurité, lesquels sont liés à la complexité de ses systèmes, à l'interconnexion croissante des services et à l'émergence de nouvelles technologies.

    D’ailleurs, l’ABE (autorité bancaire européenne) signale dans son questionnaire d’évaluation des risques RAQ1 2024, que près d’un établissement financier sur deux a été victime d’une cyberattaque réussie au cours du second semestre 2023.

    Aussi, dans ce chapitre, analysons-nous les types de menaces spécifiques impactant le secteur financier, ainsi que les solutions possibles pour une stratégie de cybersécurité optimale dans ce domaine.

    Cybersécurité financière

    Les principales menaces cybernétiques dans le secteur financier


    Les institutions financières, à l’instar de toutes les entreprises, sont confrontées à une multitude de cyber menaces en constante évolution. Parmi les plus répandues dont nous vous parlons ici, on en dénombre cinq majeures.

    Le phishing et l'ingénierie sociale dans le secteur financier

    Les techniques de phishing visent à tromper les employés ou les clients pour obtenir des informations sensibles (identifiants, mots de passe, données bancaires). Les attaques deviennent de plus en plus sophistiquées, avec des emails de phishing et des sites web frauduleux difficiles à distinguer des originaux.



    Les malwares et ransomwares financiers

    Ces logiciels malveillants peuvent infiltrer les systèmes pour voler des données ou les chiffrer en échange d'une rançon. Le secteur financier est particulièrement visé par des ransomwares ciblés et sophistiqués.



    Les attaques par déni de service distribué (DDoS)

    En saturant les serveurs, ces attaques paralysent les services en ligne des banques, perturbant les opérations et entamant la confiance des clients.



    La fraude aux paiements

    Les cybercriminels exploitent les failles des systèmes de paiement pour détourner des fonds ou effectuer des transactions frauduleuses.



    Les attaques de la chaîne d'approvisionnement

    Les attaquants ciblent les fournisseurs ou partenaires moins sécurisés pour atteindre leur cible finale.



    Les 6 vulnérabilités de cybersécurité spécifiques au secteur financier

    Le secteur financier présente des vulnérabilités particulières qui le rendent attractif pour les attaquants. On en compte sept majeures, que nous vous détaillons.


    1 - L'interconnexion des systèmes

    Les institutions financières sont fortement interconnectées, ce qui peut faciliter la propagation rapide d'une attaque. Les systèmes de paiement interbancaires, les plateformes de trading ou les réseaux de distributeurs automatiques forment un écosystème complexe où une faille peut avoir des répercussions en cascade.




    2 - La dépendance aux technologies tierces

    L'intégration croissante de solutions fintech et l'adoption du cloud computing élargissent la surface d'attaque potentielle. Les banques s'appuient de plus en plus sur des fournisseurs externes pour l'analyse de données, le traitement des paiements ou la gestion de la relation client, créant autant de points d'entrée potentiels pour les attaquants.




    3 - Les risques liés à la chaîne d'approvisionnement numérique

    Les fournisseurs et les partenaires constituent autant de points d'entrée pour les attaquants s'ils ne sont pas correctement sécurisés. La complexité de la chaîne d'approvisionnement dans le secteur financier, impliquant de nombreux acteurs (fournisseurs de logiciels, prestataires de services, sous-traitants), multiplie les risques.




    4 - La pression pour l'innovation et la rapidité

    La nécessité de lancer rapidement de nouveaux produits et services financiers se fait parfois au détriment de la sécurité. L'adoption rapide de nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle ou la blockchain peut introduire de nouvelles vulnérabilités si elle n'est pas accompagnée de mesures de sécurité adéquates.




    5 - La valeur des données financières

    Les institutions financières détiennent des données extrêmement sensibles et valorisables (informations personnelles, données de cartes bancaires, historiques de transactions), ce qui en fait des cibles de choix pour les cybercriminels.




    6 - La complexité réglementaire

    Le secteur financier est soumis à de nombreuses réglementations en matière de sécurité et de protection des données. Cette complexité rend la mise en place de mesures de sécurité cohérentes et efficaces à l'échelle de l'organisation ardue.




    La cybersécurité des transactions financières


    Chaque jour, ont lieu des millions de transactions électroniques, représentant des flux financiers considérables qui attirent inévitablement l'attention des cybercriminels.

    La cybersécurité des transactions financières vise à protéger l'intégrité, la confidentialité et la disponibilité de ces échanges financiers contre les menaces cybernétiques.

    Cette section explore les stratégies ainsi que les technologies destinées à sécuriser les paiements électroniques, à protéger les infrastructures de marché financier et à lutter contre la fraude, le tout dans un contexte de cybermenaces en constante évolution.

    cybersécurité des transactions financières

    La sécurisation des paiements électroniques

    La sécurisation des paiements électroniques est au cœur de la cybersécurité financière. Elle s'appuie sur plusieurs couches de protection conçues pour contrer les cyberattaques et assurer la confiance des utilisateurs.

    Les protocoles de chiffrement avancés jouent un rôle crucial dans cette sécurisation. Ils permettent de protéger les communications entre le client et la banque, que ce soit lors de l'utilisation des services bancaires en ligne ou via des applications mobiles.

    Certaines institutions financières explorent même l'utilisation de la technologie blockchain pour sécuriser les transactions interbancaires, offrant ainsi une meilleure intégrité et traçabilité des échanges.

    L’authentification des utilisateurs

    L'authentification des utilisateurs est un pilier complémentaire de la sécurité des paiements électroniques. Les banques mettent en place des systèmes d'authentification forte, souvent à plusieurs facteurs, pour s'assurer de l'identité de leurs clients. Cela peut inclure l'utilisation de mots de passe combinés à des codes envoyés par SMS, ou encore l'utilisation de la biométrie comme l'empreinte digitale ou la reconnaissance faciale sur les smartphones.

    Certaines institutions vont plus loin en adoptant des technologies d'authentification continue, qui analysent le comportement de l'utilisateur tout au long de sa session pour détecter toute activité suspecte.

    La tokenisation des données de paiement est une technique de plus en plus utilisée pour protéger les informations sensibles des cartes bancaires. Au lieu d'utiliser le véritable numéro de carte lors des transactions en ligne, celui-ci est remplacé par un jeton unique, limitant ainsi les risques en cas de piratage. Cette méthode est particulièrement utilisée dans les systèmes de paiement mobiles comme Apple Pay ou Google Pay.

    La protection des infrastructures de marché financier

    Les infrastructures de marché financier, comme les systèmes de compensation et de règlement, jouent un rôle central dans le système financier. À ce titre, ils représentent un enjeu majeur de cybersécurité, car ils constituent des cibles privilégiées pour les cyber attaquants.

    Leur protection nécessite des mesures de sécurité renforcées, lesquelles incluent : la mise en place de pare-feux de dernière génération, de systèmes de détection d'intrusion avancés, ainsi qu'une segmentation rigoureuse des réseaux pour isoler les systèmes les plus critiques.

    Les plans de résilience robustes

    Enfin, pour garantir la continuité des activités en cas d'attaque réussie, les institutions financières mettent en place des plans de résilience robustes. Ces derniers impliquent la création de sites de repli géographiquement distribués, l'établissement de procédures de basculement automatique en cas d'incident, et la réalisation régulière d'exercices de simulation d'attaques pour tester et améliorer la capacité de réponse.

    Ces mesures visent à assurer que, même en cas de cyberattaque majeure, les services financiers essentiels puissent continuer à fonctionner, préservant ainsi la stabilité du système financier dans son ensemble.

    La cybersécurité, cet atout majeur dans la lutte contre la fraude financière


    Face à l'évolution rapide des techniques de fraude, les institutions financières s'appuient de plus en plus sur des technologies avancées de cybersécurité pour protéger leurs clients et leurs actifs. Ces innovations révolutionnent la façon dont la fraude financière est détectée et prévenue.

    Au cœur de cette transformation, on trouve l'intelligence artificielle et le machine learning.

    Ces technologies permettent une analyse en temps réel des transactions, bien plus efficace que les méthodes traditionnelles. Les algorithmes de machine learning sont capables d'identifier des schémas de fraude complexes en analysant d'énormes volumes de données de transaction. Des systèmes d'alerte instantanée, basés sur ces technologies, signalent les activités suspectes dès qu'elles se produisent, permettant une intervention rapide des équipes de sécurité.

    Toutefois, selon un rapport 2024 de l’Autorité bancaire européenne (ABE ou EBA en anglais) sur les risques opérationnels et la résilience, l'accélération de la transformation numérique et des avancées technologiques, notamment l'intégration grandissante de l'intelligence artificielle (IA), semble avoir exacerbé la menace de fraude.

    cybersécurité, cet atout majeur dans la lutte contre la fraude financière

    L'analyse comportementale est un autre domaine où la cybersécurité apporte une valeur ajoutée significative.

    Les technologies actuelles permettent de vérifier l'identité des utilisateurs de manière continue et non intrusive. Le suivi des habitudes de navigation et de transaction de chaque utilisateur permet de repérer rapidement les activités inhabituelles. Des techniques plus avancées, comme l'analyse de la façon de taper sur le clavier ou d'utiliser la souris, ajoutent une couche de sécurité supplémentaire pour détecter les usurpations d'identité.

    La cybersécurité favorise également une approche collaborative dans la lutte contre la fraude. Les institutions financières échangent désormais des informations sur les cybermenaces via des plateformes sécurisées. Cette collaboration s'étend aux autorités nationales de cybersécurité, permettant d'anticiper les nouvelles menaces et d'adapter rapidement les défenses.


    Réglementation et conformité en matière de cybersécurité financière

    Le secteur financier est soumis à un cadre réglementaire strict en matière de cybersécurité, visant à protéger les données des clients et à maintenir la stabilité du système financier.

    Des réglementations clés comme la Directive sur les Services de Paiement 2 (DSP2), le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et la directive NIS2 imposent des normes élevées de sécurité et de protection des données.

    Le réglement MICA constitue un ensemble de règles normatives pour le régime européen des crypto-actifs et il entrera en application à compter du 30 décembre 2024. En France, l’APCR supervise les secteurs des banques et assurances. Elle veille à la préservation de la stabilité du système financier et à la protection des clients.

    Ces réglementations exigent des institutions financières qu'elles mettent en place des mesures spécifiques, telles que des tests d'intrusion réguliers et des plans de continuité d'activité robustes.

    Les autorités de supervision bancaire jouent aussi un rôle crucial dans le contrôle de la conformité à ces réglementations, effectuant des audits réguliers et imposant des sanctions en cas de non-conformité. Cette approche réglementaire vise à renforcer la résilience du secteur financier face aux cybermenaces tout en préservant la confiance des consommateurs.

    Le rôle particulier du DSI dans la cybersécurité financière


    Le Directeur des Systèmes d'Information (DSI) joue un rôle central dans la cybersécurité financière. Il est responsable de l'élaboration et de la mise en œuvre de la stratégie de cybersécurité de l'institution, en l'alignant sur les objectifs business.

    Le DSI supervise la gestion des risques cyber, assure un reporting régulier à la direction et coordonne les efforts de sécurité entre les différents départements. Il dirige les équipes de sécurité, veillant à ce qu'elles disposent des ressources et compétences nécessaires. De plus, le DSI effectue une veille technologique constante pour anticiper les nouvelles menaces et identifier les solutions innovantes, garantissant ainsi que l'institution reste à la pointe de la cybersécurité dans un environnement de menaces en constante évolution.

    Ces bonnes pratiques renforcent la cybersécurité financière


    Pour renforcer la cybersécurité financière, les institutions adoptent plusieurs bonnes pratiques clés.


    • Elles mettent l'accent sur la formation continue des employés, les sensibilisant aux menaces actuelles et aux comportements sécuritaires.
    • Des tests réguliers, comme les pentests et les exercices de crise, permettent d'évaluer et d'améliorer les défenses.
    • Un programme rigoureux de mise à jour et de gestion des correctifs maintient les systèmes protégés contre les vulnérabilités connues.
    • Enfin, l'approche "security by design" intègre la sécurité dès la conception des nouveaux services, assurant une protection proactive plutôt que réactive. Ces pratiques combinées créent une défense solide et adaptative contre les cybermenaces en constante évolution.

    Consultez les chapitres du guide de la cybersécurité en entreprise

    Guide de la cybersécurité en entreprise
    Introduction au guide de la cybersécurité en entreprise

    Un guide complet vous propose un aperçu des meilleures pratiques pour protéger votre entreprise.

    Cybersécurité en entreprise et logiciels malveillants
    Cybersécurité en entreprise et logiciels malveillants

    Les types de cyberattaques d’entreprises les plus courants et comment s'en prémunir

    Cybersécurité en entreprise : gouvernance et gestion des risques
    Cybersécurité, gouvernance et gestion des risques

    Créer une culture de sécurité, assurant ainsi la protection des actifs numériques et la résilience face aux cyberattaques.

    Cybersécurité en entreprise : prévention et bonnes pratiques
    Cybersécurité : prévention et bonnes pratiques

    Le guide exhaustif des meilleures pratiques en matière de prévention des cyberattaques

    cybersécurité, technologies et solutions de sécurité
    Cybersécurité, technologies et solutions de sécurité

    Une vue d'ensemble des technologies et solutions de sécurité essentielles pour protéger les entreprises.

    formation à la cybersécurité en entreprise
    Sensibilisation et formation à la cybersécurité

    Les outils nécessaires pour développer une stratégie de sensibilisation et de formation à la cybersécurité

    Cybersécurité et DSI
    Cybersécurité et DSI

    Le rôle, les missions, les compétences, les types d'entreprises dans lesquelles un DSI peut opérer

    Cybersécurité des PME et TPE : impacts économiques
    Cybersécurité des PME et TPE : impacts économiques

    Un guide dédié à la cybersécurité des TPE - PME

    Intelligence artificielle et cybersécurité
    Intelligence artificielle et cybersécurité

    Les enjeux de ce nouveau paysage de la cybersécurité à l'ère de l'IA

    logiciels malveillants
    Cybersécurité à l'ère du Cloud

    Mettre en place une stratégie de sécurité robuste et adaptée à ce nouvel environnement de Cloud

    Cybersécurité en entreprise et IoT
    Comment protéger les objets connectés

    les meilleures pratiques et solutions pour sécuriser efficacement votre écosystème IoT

    Réglementation de la cybersécurité
    Réglementation de la cybersécurité

    Quelles réglementations et directives en matière de cybersécurité pour les entreprises

    Cybersécurité en entreprise après 2024 : tendances émergentes et avenir
    Cybersécurité : tendances émergentes et avenir

    Anticiper les tendances de la cybersécurité pour protéger les actifs de son organisation